Chômage, crise financière, OCDE Organisation de Coopération et de Développement Economiques, croissance économique, emploi, création d'emplois
Depuis la crise financière de 2008, et la récession mondiale qui a suivi, le chômage dans les pays de l'OCDE (Organisation de Coopération & Développement Économique) a considérablement augmenté - passant de 5.58% en 2007, à 8.3% en 2011. Si le taux de chômage a diminué depuis en moyenne à 5.77% en 2018, des écarts importants subsistent. Au Canada, l'évolution du chômage a été très proche de la moyenne OCDE, puisque le taux de chômage passe de 6.05% en 2007 à 8% en 2011, avant de diminuer graduellement pour se stabiliser à 5.83% en 2018, en revenant à son niveau pré-crise. De plus, la persistance du chômage dans plusieurs économies de l'OCDE aurait affecté durablement leurs perspectives de croissance future : l'Espagne et la Grèce continuent d'exhiber des taux de chômage à deux chiffres en 2018. Le but de ce travail est dans un premier temps, de décrire le phénomène du chômage, ses modalités de définition et de calcul. Ensuite, dans un deuxième temps, on s'efforce de présenter les prédictions de la littérature quant aux interactions entre le chômage et l'économie dans son ensemble.
[...] En d'autres termes, l'élasticité du chômage à la croissance est de l'ordre de -1/3. Cette observation a depuis été discutée, et parfois remise en cause. Pour Sheehan & Zahn12 (1980) l'élasticité du chômage par rapport à l'activité économique n'est pas constante dans le temps. Leur hypothèse principale est basée sur le fait qu'il n'est pas pertinent de baser la relation entre chômage et croissance sur une seule équation - en effet, comme le relèvent Friedman & Wachter13 (1974) la loi d'Okun considère que le marché du travail considère l'équilibre sur le marché des biens - et donc la production- comme une donnée exogène. [...]
[...] La sociologie des catégories de chômage est aussi discutée par Gautié8 (2015). Il présente ce phénomène socio-économique dans un contexte historique remontant à la seconde moitié des années 1970. L'auteur relève que d'un côté, le nombre de demandeurs d'emplois augmente régulièrement, et de l'autre, devient une préoccupation croissante partagée par différents acteurs de la société. A côte de cette décomposition à la dimension sociologique, on propose également des catégories économiques de chômage, comme celles présentées par Maurice & Taddei9 (2003). [...]
[...] L'ambiguïté de relation entre chômage et activité économique est soulignée également par Lucas16 (1978). Il relève l'importance d'identification du chômage frictionnel dans les statistiques observées : en effet, si les autorités cherchent à pratiquer une politique économique visant à réduire le chômage en-deçà de son niveau structurel, les résultats de ce choix de politique publique se manifesteront dans le niveau des prix, et une situation de forte inflation se manifeste. L'équilibre délicat entre chômage structurel et conjoncturel devrait cependant être mis de côté lorsqu'une économie vit une période de récession prolongée, ce que Eggertsson, Mehrotra & Summers17 (2016) décrivent comme une Stagnation Séculaire. [...]
[...] Depuis la crise financière de 2008, la persistance du chômage affecte les perspectives de croissance future - le phénomène de stagnation séculaire menace la croissance future à court terme en créant un environnement défavorable à l'investissement et à la consommation domestique, et à long terme, en affectant les capacités de production des économies affectées par un fort taux de chômage persistant. Bibliographie - Eggertsson, Gauti B. & Mehrotra, Neil R. & Summers, Lawrence H. "Secular Stagnation in the Open Economy," American Economic Review, vol 106(5), pages 503-507. - Friedman, Benjamin M., and Michael L. Wachter. "Unemployment: Okun's Law, Labor Force, and Productivity." The Review of Economics and Statistics, vol no pp. 167-176. [...]
[...] La durée de chômage réduit les chances de réintégrer le marché du travail, comme souligné par Jackman & Layard18 (1991). Lorsque les chômeurs de longue durée chercheront à intégrer le marché du travail, ils ne seront plus équipés pour satisfaire la demande des entreprises - cela créé à son tour un goulot d'étranglement, puisque le facteur travail n'est plus suffisant pour satisfaire aux demandes du processus de production. En d'autres, les perspectives de croissance future et de création de richesse sont plus faibles. [...]
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