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Les hommes politiques communiquent principalement avec le peuple à travers des discours, et dans certaines circonstances par des débats, des interviews. Ainsi, pour que la foule adhère à ses propos, l'homme politique doit être convaincant. Il met donc en avant plusieurs arguments. Cela dit, pour les faire valoir, il faut bien qu'ils soient compréhensibles. Une succession d'arguments brouillons, bafoués et mal formulés ne seront pas retenus par la foule. L'orateur politique aura donc recours à un ensemble de formules, de procédés qui forment la rhétorique, ou « l'art de bien parler ». En somme, l'autorité dont ils disposent provient en partie de leur maîtrise de l'art oratoire. Par exemple, dans l'Antiquité grecque, de grands philosophes tels que Cicéron utilisaient la « période », c'est-à-dire une longue phrase complexe, mais structurée de manière claire pour que la pensée se développe logiquement.
[...] Dans l'Antiquité par exemple, en particulier selon Platon, l'autorité d'un homme politique découle uniquement de sa recherche du vrai, de la vertu. Il va d'ailleurs plus loin, en instaurant dans sa « citée idéale » l'idée de « philosophe-roi ». Selon lui, le philosophe est le seul capable de s'occuper de l'organisation de la cité. Il est la seule personne à avoir un droit d'autorité sur le peuple. En effet, le philosophe a une mission à atteindre : partager aux hommes ce qu'il a appris et contemplé. [...]
[...] Ensuite, une personnalité politique aura plus ou moins d'autorité en fonction du contexte historique, et de la manière dont elle l'exploite. Si un homme aussi atroce que Hitler à réussi à accéder au pouvoir en Allemagne et à manipuler son peuple, c'était en grande parti car il a su, dans son discours, utiliser le sentiment d'humiliation ressenti par les allemands à la fin de la Première Guerre mondiale, pour leur promettre de résoudre ce problème et de rétablir la gloire de leur pays. [...]
[...] Mais alors, comment obtenir l'obéissance d'autrui sans l'usage de moyens de coercition ? Et bien en réalité, le pouvoir lié à l'autorité implique le domaine idéologique. Par exemple, les dictatures qui répriment les manifestations ne relèvent pas de l'autorité : l'idéologie n'est pas installée et l'opposition existe, simplement elle n'a pas les moyens de s'exprimer ouvertement. Cette distinction est d'ailleurs explicitée par la philosophe Hannah Arendt : « Puisque l'autorité requiert toujours l'obéissance, on la prend souvent pour une forme de pouvoir ou de violence. [...]
[...] Et pour persuader la foule, la personnalité politique doit toucher son auditoire : l'émouvoir, le motiver, lui donner de l'espoir, du ressentiment? Effectivement, s'adresser aux passions de l'auditoire est fondamental pour que la thèse défendue soit non seulement reçue, mais également acceptée. L'humain a un rapport émotionnel aux choses. Un orateur cherchant à gagner plus d'autorité prêtera donc attention aux détails qui toucheront son auditoire. Nous pouvons prendre l'exemple d'Emma Gonzales, qui s'est exprimée suite à une tuerie dans son lycée pour dénoncer le port d'armes légales aux États-Unis. [...]
[...] Cela dit, cette légitimité "divine" n'était pas reconnue par tous, et donc non absolue. Elle fut d'ailleurs de nombreuses fois remise en cause et critiquée. C'est le sujet traité dans la fable Les Animaux malades de la peste, de Jean de la Fontaine. Il critique dans cette fable les classes sociales très marquées et qui influencent l'autorité de ceux qui s'expriment. En effet, le roi est représenté de manière traditionnelle par la figure du lion, tandis que le renard incarne le courtisan habile, conseiller du souverain. [...]
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