Keynes, André Gorz, Karl Marx, David Graeber, monde du travail, marché du travail, monde politique, santé au travail, bien-être au travail, identification sociale, inégalité salariale, temps de travail, retraite, souffrance au travail, évolution du travail
Selon l'époque et la société, nous pouvons observer différentes formes, différentes perceptions du travail et de son organisation. En effet, durant la Grèce antique, le travail est associé à l'esclavage, seuls les esclaves travaillent pour laisser aux citoyens grecs le temps de faire des activités nobles, telles que le sport, la philosophie, la politique, l'art de la guerre, etc. Tandis que, de nos jours, le travail possède une part importante de nos vies, à l'inverse, ceux qui ne travaillent pas ou peu (les chômeurs, les personnes au foyer, ...) sont marginalisés et peu considérés socialement. Dans ce développement, je parle du travail à travers la notion de travail salarié proposé par le philosophe André Gorz (1923-2007), c'est-à-dire le travail comme activité effectué en vue de l'obtention d'un gain monétaire.
Ainsi, puisque la notion de travail change, nous pouvons alors imaginer à quoi ressemblera le monde du travail dans vingt ans.
[...] En effet, la plupart du temps, le travail est considéré comme pénible, répétitif, douloureux, souvent représenté par l'expression « métro, boulot, dodo » et ainsi de suite, tous les jours jusqu'à la retraite. D'ailleurs, même l'étymologie latine du mot travail (tripalium) veut dire « faire souffrir ». Or, ici comme le temps de travail est réduit, alors la souffrance au travail est mécaniquement elle aussi réduite. Vu qu'on a plus de temps pour faire autre chose, lors du temps de notre travail, on se consacre à cette dernière tâche plus facilement et donc on est autant productifs en quatre jours qu'en cinq. [...]
[...] Cependant le travail domestique reste gratuit puisqu'il s'agit de la sphère privée même si celui est reconnu socialement comme une tâche importante. C'est pourquoi seuls les mères et pères au foyer pourront tout de même percevoir une aide spécifique afin de les aider à accomplir cette tâche puisqu'ils n'ont pas d'emploi. Ainsi, cette baisse du temps de travail nous permettrait de nous épanouir personnellement ainsi que de nous consacrer à des activités auxquelles nous n'avions plus vraiment accès ainsi que de réduire à néant les inégalités entre hommes et femmes. [...]
[...] Lorsque l'on rentre tard et épuisé après une journée de travail, on n'a pas forcément envie de regarder les programmes politiques et d'aller participer à la vie politique. Par conséquent, dans vingt ans, nous aurions plus de temps à consacrer à notre système de politique publique, nous aurions plus de temps pour assister aux conseils municipaux, départementaux et/ou régionaux, nous pourrions participer à des actions locales (sans forcément prendre une étiquette politique d'ailleurs) et alors avoir un sentiment de participation à la vie collective et démocratique. [...]
[...] À cela, j'ajoute que les inégalités salariales entre hommes et femmes n'est plus qu'un lointain souvenir. Alors, les ménages auront donc plus d'argent, donc plus de pouvoir d'achat et donc la consommation sera relancée et favorisera le processus économique. Ainsi avec l'augmentation des salaires féminins, de la productivité des salariés, le progrès technique et le changement des procédures managériales ainsi que des valeurs dans le monde du travail, nous serons encore plus productifs qu'avant, ce qui est par conséquent bon pour l'économie et ce qui prouverait que ce système avec moins de temps de travail fonctionne économiquement et est un cercle vertueux pouvant mener progressivement à la semaine de quinze heures par semaine. [...]
[...] À la place, ce nouveau temps accordé permet de faire d'autres choses, comme se consacrer à des loisirs mais aussi de faire le point et peut-être rechercher ce qui nous passionnent réellement et donc trouver un travail où l'on peut s'épanouir, c'est-à-dire une force positive de création qui est la vision de base du travail selon Karl Marx (1818-1883) avant que le capitalisme transforme le travail en une forme de marchandise. Cela peut être notre nouveau travail salarié ou alors on peut s'épanouir à travers des ?uvres caritatives et le bénévolat. De plus, ce nouveau temps disponible peut aussi permettre à nous, citoyens d'être plus intéressés et plus investis dans le monde politique qui nous entoure. [...]
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